|
La vérité sur le prix du diesel |
|
|
|
05-06-2008 |
47 % de la hausse est dû à l’explosion des marges de raffinage
des compagnies pétrolières !
La période actuelle est marquée par un phénomène historique : le prix hors taxe du diesel grimpe
beaucoup plus vite que celui de l’essence à tel point que, malgré son avantage fiscal, le diesel coute
désormais presque aussi cher que le super 95. Cette tendance s’explique par la croissance
phénoménale de la marge de raffinage réalisée spécifiquement sur le diesel1.
L’UFC-Que Choisir a ainsi calculé que, sur un litre de diesel vendu, la marge de raffinage représente en
mai 15,7 centimes. Elle se portait à 6,4 centimes en janvier 2008, 6,0 centimes en 2007 et
2,5 centimes en 1998. A elle seule, l’augmentation de la marge de raffinage explique près de la moitié
(47 %) de l’augmentation du prix du diesel depuis le mois de janvier.
Cette marge, qui mesure la rémunération du raffineur pour ses coûts et ses profits, a donc été
multipliée par 2,4 en 4 mois et par plus de 6 en dix ans ! A l’inverse, la marge de raffinage sur
l’essence reste dans ses niveaux usuels de 2 à 4 centimes au litre.
Ce phénomène est indépendant de la montée du prix du baril. Il s’explique par la tension qui existe sur
le marché européen du raffinage du diesel et qui est entretenue par les compagnies pétrolières.
D’un coté, la demande de diesel connaît une relative croissance parce que les français et les européens
privilégient ce type de motorisation. De l’autre coté, les compagnies pétrolières ont sous-investi dans les
capacités de raffinage notamment pour la catégorie des distillats moyens qui concerne le diesel. Au
final, l’offre ne s’est pas adaptée à la demande, le marché est très tendu et le prix flambe.
Pour l’UFC-Que Choisir, les compagnies pétrolières portent une lourde responsabilité dans
l’augmentation du prix du diesel. En n’investissant pas dans le raffinage, elles ont créé un mécanisme
de rationnement qui fait exploser leur profit sur ce segment et qui fait flamber le prix pour les
consommateurs. Les perspectives sont peu engageantes puisque les investissements à venir
concernent surtout des mises aux normes et non des créations de capacités nouvelles.
L’UFC-Que Choisir demande au gouvernement qu’à l’occasion de la présidence française de l’Union
européenne, soit posée la question d’une relance, s’il le faut contraignante, des investissements dans le
raffinage européen.
Enfin, il va de soi que les profits abusifs réalisés sur le raffinage du diesel ne font que justifier plus
encore la pertinence d’une contribution exceptionnelle des compagnies pétrolières.
1 Cette marge est la différence entre la cotation du baril brent et la cotation gazole sur le marché de Rotterdam.
|